[Reportage] Road Trip en Beaujolais et en Bourgogne

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Les voyages ne se passent jamais comme prévu, heureusement d’ailleurs.

Nous allons vous raconter ce que nous avons fait lors de notre récent road trip en Beaujolais et en Bourgogne (ainsi que ce que nous n’avons pas pu faire…).

Pour découvrir au mieux deux régions dont nous avions seulement dégusté quelques flacons et étudié la géographie, nous nous sommes concoctés un programme haut en couleur : conférences et dégustations autour du Gamay, rencontres chez des vignerons du Beaujolais (la famille Chasselay), participation au salon Bien Boire en Beaujolais, immersion chez des vignerons du Beaujolais et de Bourgogne.

Direction l’autre bout de la France, Lyon :

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Les paysages ne cessent de se transformer à notre passage. Les pentes Angevines s’adoucissent et laissent progressivement place aux axes rectilignes du Berry. Puis la diagonale du vide nous aspire, pour mieux nous libérer vers Roanne, et la route nous offre alors d’agréables vallons donnant plus tard sur les contreforts des Monts Lyonnais.

Les dix degrés supplémentaires et les sept heures et demies de voyage nous étouffent, mais Lyon est là, enfin !


Du Gamay s’il vous plait :

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Après une bonne nuit de sommeil chez notre amie Emilie, nous sortons de la ville. L’air limpide de la campagne nous porte ce matin jusqu’au Château de Pizay, qui sera notre terrain de jeux pour les deux prochains jours.

Ce magnifique domaine possède un vignoble cohabitant avec un hôtel 4 étoiles, un spa et un restaurant … Mais pas de sauna pour nous aujourd’hui ! Nous sommes là pour le Gamay Day, un événement organisé par l’agence de communication Clair de Lune.

Au programme : des conférences autour du Gamay et une grande dégustation de vins issus, bien entendu, du cépage Gamay. Les vins les plus convaincants dans cette dégustation sont pour nous les vins du Beaujolais. Les autres vins du monde sont pour leur part assez décevants…


Les climats constituent le métier du vigneron :

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C’est avec surprise que nous retrouvons Yves Leers, auteur du livre « Menace sur le vin, les défis du changement climatique » que nous avons lu récemment avec beaucoup d’intérêt, pour une conférence tant passionnante qu’alarmante sur le dérèglement climatique et ses incidences sur la vigne.

Voici quelques notes issues de la conférence :

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  • Les conséquences de la chaleur sur la vigne : modification de la physiologie de la plante, apparition de parasites, plus de sucre et donc plus d’alcool, maturité avancée et rendement plus faible.
  • L’impact du réchauffement climatique est réel : en 2040 il n’y aura plus de vigne dans le Douro (Portugal) ni dans la Mancha (Espagne).
  • En France les régions qui vont le plus souffrir sont le Languedoc, les Côtes-du-Rhône Sud et la Provence.
  • Les solutions pour diminuer l’impact du réchauffement climatique demandent des adaptations qui seront efficaces jusqu’à un certain point. Les spécialistes se demandent ce qui se passera si l’on gagne encore 3°C, car la vigne résiste à 40°C maximum…
  • La chimie est inutile, on peut cependant : changer ou faire évoluer les cépages (hybridation), monter en altitude (-1% d’alcool tous les 150m), changer les orientations des parcelles (plus au nord), faire évoluer les méthodes culturales (irriguer, espacer la vigne, réhabiliter l’arbre dans les vignobles), mettre en place l’agroécologie et la biodynamie car l’agriculture impacte le climat.

La vigne dévoile parfois les plus beaux des hommes :

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Le dimanche soir, direction Chatillon d’Azergue, où Jean-Gilles Chasselay, un ami de longue date de Jo Pithon (souvenez-vous, notre reportage au Domaine Pithon Paille en Anjou) et son fils Fabien Chasselay, nous ont transmis une invitation cordiale à venir à leur soirée « chauffage des papilles ».

A peine arrivés dans la cave façon guinguette, parmi les plus belles du beaujolais, la famille du Domaine Chasselay au complet (Jean-Gilles, Christiane et leurs enfants Claire et Fabien) entre en piste et initie les présentations du public : plus d’une vingtaine d’amis journalistes, vignerons ont répondus présents pour cette dégustation verticale de vieux millésimes du Beaujolais.

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Mais trêve de bavardage, il est temps d’ouvrir les vieux flacons et d’apprécier les nectars qui en sortent.

D’abord les vins rouges, où se côtoient de vieux Gamay incroyables, et d’excellents Pinot noir.Puis le Chardonnay fait son entrée. Les (bons) vins blancs s’intensifiant avec l’âge, nous attaquons cette deuxième verticale par les plus jeunes millésimes et remontons progressivement le temps jusqu’en 2003.

C’est la première fois que nous avons la chance de goûter des beaujolais blancs aussi vieux, et honnêtement, cela vaut le détour ! Dommage que ce fussent leurs toutes dernières bouteilles…

Pour des raisons logistiques, nous avions décidé à l’époque de l’invitation, de retourner le soir même dans la fournaise de la ville pour ne pas déranger les plans du dortoir. A peine arrivés pourtant, Jean-Gilles nous lance : « Ah ben on ne pensait plus que vous viendriez ! Mais on vous a dressé un lit ! Vous avez vos affaires ? Non ? Ben c’est pas grave, on préfère que les copains restent dormir. »


Du bonheur pur et partagé :

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Et oui, effectivement il était plus sage de rester sur place, car la double verticale en cascade s’enchaîne sur un repas démesuré en nombre de convives, en magnums rapportés par les copains vignerons, en convivialité, en mets simples et goûtus, en heures passées à table, en rencontres, en fou-rires.

Nous avons la chance de déguster, entre autres, les vins blancs de la Roche aux Moines (Savennières) de Tessa Larocche et ceux du Domaine le Fay d’Homme (Muscadet) de Vincent Caillé. Présidée par Chasselay Père et Fils, orchestrée par Christiane, toujours souriante et attentionnée, ce fut une soirée chez une vraie famille de vignerons comme on l’imagine et comme nous espérons en revivre !

4h30 du matin, extinction des feux, pour nous du moins.

Réveil tardif, esprit embrumé, nous sommes accueillis le lendemain matin par des confitures maison et un grand sourire…C’est bon, nous sommes parés pour aller Bien Boire en Beaujolais, comme si cela n’était pas déjà fait…


Bien Boire en Beaujolais, promesse tenue :

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Le plus beau salon auquel nous ayons assistés jusqu’à présent, est cette année et pour la première fois, organisé par nos amis de Rouge Granit(rappelez-vous, c’est avec eux que nous avons fait la Percée du Vin Jaune).

L ‘édition 2016 est un succès ! 175 exposants, 1 500 visiteurs, 1 000 repas servis, 12 heures de dégustations et d’échanges. Unité et mixité sont les maîtres mots de cet événement qui, au-delà de tous clivages techniques ou idéologiques, cherche à représenter les vins du Beaujolais depuis maintenant 5 ans.

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L’engouement dans le vignoble est indéniable et se sont désormais 5 associations de producteurs qui sont présentes : «Beaujoloise», «Biojolaise», «Beaujol’Art», «Beaujol’All’Wines» et le petit nouveau : «Les Gamays Chics».

Tous sont guidés par une même passion et une volonté farouche de défendre des vins de qualité lors d’un rendez-vous convivial.

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Nous nous dirigeons immédiatement vers les stands de la « Biojolaise », présidée par Jean-Gilles Chasselay, notre hôte de la veille.

Allez, visite de son stand pour déguster avec Fabien Chasselay les rares références oubliées la veille, puis visite de leurs copains vignerons et petit café sous la fraîcheur des arbres, un délice.

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Bien Boire en Beaujolais c’est fini pour nous, nous repartons avec un peu de regret à Lyon. L’invitation au restaurant avec les (nouveaux) copains vignerons sera pour la prochaine fois !

Nous nous y attendions, c’est confirmé, pas d’immersion dans les vignes du Beaujolais cette fois ci.

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C’est honnêtement et dans notre intérêt que Fabien Chasselay nous confie qu’il n’a pas grand chose à nous montrer au Domaine Chasselay.

En revanche il nous propose de revenir pour les vendanges qui coïncident avec les primeurs (fabrication du beaujolais nouveau). Je vous entends d’ici … « le beaujolais nouveau c’est juste histoire de faire la fête, mais ça fait mal à l’estomac »… c’est peut être vrai ailleurs, mais pas ici.

Comme Sophie aime si bien le dire, sa révélation Beaujolais Nouveau, elle l’a eue en dégustation les primeurs 2015 du Domaine Chaesselay chez Jo Pithon en novembre dernier…

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Et Franck Veillat, un ami qui a également travaillé chez Pithon Paille, confirme ce dont nous avons eu un aperçu dimanche soir : les vendanges et les primeurs au Domaine Chasselay sont tout simplement hallucinants… 12 hectares à vendanger et 20 hectares au total à vinifier et une équipe de pas moins de 50 personnes !!!

Pendant que le raisin rentre pour les cuvées classiques, en cave il faut faire le beaujolais en macération carbonique (beaujolais nouveau) ! La cave et tous ses membres sont sous pression pendant 3 semaines.

Il ne faut pas dire plus pour exciter nos imaginations et nos envies ! Rendez vous est pris en octobre prochain !


Direction la Bourgogne, plein d’espoirs, en passant par les merveilleux crus du Beaujolais

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Après ces deux jours intenses entourés de vignerons, nous décidons de filer découvrir les différents terroirs du Beaujolais.

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Nous prenons la route des dix crus du beaujolais où les coteaux et les vignobles défilent pour notre plus grand plaisir.

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Subjugués, nous voguons sur les valons scintillants et enivrants.

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Brouilly, Régnié, Morgon, Chiroubles, Fleurie, Moulin à Vent, Chénas, Juliénas, Saint Amour …

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Une frontière douce, puis un changement radical :

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Saint Amour, titre d’un récent film déjanté, ce petit village plébiscité par les Japonais qui viennent même s’y marier, est une frontière étrange entre le Beaujolais et la Bourgogne. En effet la commune est bourguignonne et le vignoble un cru du Beaujolais ! C’est sans le remarquer que nous franchissons la fine limite.

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A peine arrivés en Bourgogne, nous poussons l’ascension jusqu’au sommet de la roche de Solutré. Une fois en haut, nous dominons les magnifiques paysages du Mâconnais.

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Les nuages noirs s’amoncellent au loin, l’orage s’annonce, nous décidons d’écourter notre pause au sommet et reprenons la route.

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Deux minutes après être remontés en voiture, la grêle meurtrière s’abat sur les vignes innocentes du Mâconnais, et nous force à ralentir. Nous avons mal. Mal pour tous ces vignerons touchés…

Les paysages changent rapidement avec l’orage mais surtout avec les kilomètres; les vallons et la verdure se font de plus en plus rares.


Un mauvais itinéraire pour une mauvaise impression :

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Direction Beaune en passant par tous les grands noms de Bourgogne : Givry, Mercurey, Rully, Santenay, Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Meursault, Pommard. Notre erreur fut de prendre la Départementale.

Ce que nous voyons ne correspond pas du tout à l’imaginaire qu’entretiennent les vins de ces appellations. Une grande route traverse des villages gris, sans âmes, peuplés de magasins industriels.

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Nous l’apprendrons plus tard, mais il faut grimper sur les coteaux pour trouver la petite route et traverser les petits villages de pierre. Trop tard, c’est plein de désillusions que nous prenons nos quartiers dans un Ibis en périphérie de Beaune.

Une autre mauvaise nouvelle nous attend : le Domaine de la Folie, qu’on nous a chaudement recommandé en Bourgogne, ne peut nous recevoir que dans deux jours.

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En attendant que faire ? Beaune, la capitale et ses hospices. Une visite hors du temps, très bien construite, des lieux remplis d’histoire.

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Direction ensuite l’office du tourisme pour savoir ce qu’il est possible de faire. Gratuitement ? Rien … Au nord de la Bourgogne, les rares endroits, coopératives ou domaines où l’on peut déguster sont payants. Et pour se loger ? Un camping ? Pas trop cher ? Dans la campagne ? On nous recommande un petit camping au nom évocateur : le Camping du Bout du Monde.

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Direction donc ce « Bout du monde », une ferme lotie dans un cirque naturel grandiose.

Un peu de soleil et un barbecue nous remontent bien vite le moral !

Simon, l’étrange fils des propriétaires, nous renseigne un peu sur le fonctionnement de la Bourgogne. Pour acheter, goûter ou parler, il nous conseille vivement de nous diriger plus vers le sud : Rully, Côte-de-Beaune, Hautes-Côtes-de-Beaune, Santenay, Mercurey, Givry… ça tombe bien, le Domaine de la Folie est en plein appellation Rully !


Le Domaine de la Folie :

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Ce domaine situé à Chagny, nous a été conseillé par Anne-Laure, une amie qui fait actuellement le tour d’Amérique du Sud des vignobles ! Elle faisait la route des vins à vélo avec des amis quand elle a découvert le domaine et vient depuis faire les vendanges tous les ans.

Baptiste et Clémence Dubrulle nous ont chaleureusement accueilli avec trois vignerons pour une visite sympathique suivie d’une dégustation très agréable. Malheureusement, nous ne pourrons pas travailler ici non plus … à moins d’attendre encore une semaine…

Le camping sous la pluie et les petits hôtels de bord de route auront raison de nous. Nous décidons de rentrer. C’est la tête et les papilles pleines de souvenirs que nous reprenons la route de l’ouest avec un léger sourire au coin des lèvres.

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